L'imposition de nouveaux droits de douane par les États-Unis secoue profondément l'industrie automobile sud-africaine. La mesure comprend une taxe générale de 30% sur les marchandises sud-africaines et des droits spécifiques de 25% sur les véhicules et pièces automobiles. Pour un secteur qui exporte plus de 35 milliards de rands (environ 2 milliards de dollars) vers les États-Unis, le choc est considérable.
Le ministre sud-africain du Commerce, Parks Tau, souligne l'injustice de ces mesures, rappelant que les exportations automobiles sud-africaines ne représentent que 0,99% des importations totales de véhicules aux États-Unis et 0,27% des pièces automobiles. Des constructeurs majeurs comme Mercedes-Benz et BMW, qui ont fait de l'Afrique du Sud une base d'exportation stratégique, se trouvent directement impactés.
L'industrie automobile sud-africaine avait connu un essor remarquable grâce à l'African Growth and Opportunity Act (AGOA), avec une croissance de 497,4% des exportations automobiles entre 2001 et 2023. Aujourd'hui, 120 000 emplois directs et des centaines de milliers d'emplois indirects dans la chaîne d'approvisionnement se retrouvent menacés.
Face à cette situation, le gouvernement sud-africain adopte une approche multiple. Il cherche activement à organiser des négociations avec les autorités américaines tout en intensifiant la diversification de ses marchés d'exportation vers l'Afrique, l'Asie, l'Europe et le Moyen-Orient. L'incertitude plane également sur l'avenir de l'AGOA, dont l'expiration est prévue en septembre 2025. Une enquête récente révèle que 60% des investisseurs sont déjà réticents à s'engager à long terme dans la région en raison de cette instabilité.